Saranzia

LES TICS spécifiques AU STYLE JOURNALISTIQUE :

- l'inflation des mots: le journaliste gonfle tous les faits et utilise une vocabulaire hyperbolique pour faire du spectaculaire , du sensationnel : Les réserves dor noir ne représentaient que la partie immergée de liceberg ( même sil est difficile de trouver ces derniers en Afrique) ;
- la tendance à flatter les bas instincts du lecteur : Les deux chef dEtat, eux quon surnomme déjà Les rois pervers ;
- les mots les plus simples sont remplacés par des périphrases souvent redondantes : les populations locales ( il ne peut évidemment sagir que de celles-là;) ;
- les euphémismes parce quon nose plus dire les choses comme elles sont : de type méditerranéen prononcé (racistes à force déviter de lêtre et marques dune société aseptisée) ;
- la volonté de construire cependant son discours (école de journalisme) afin de donner une impression de clarté : Dans un premier tempsDans un second temps.. ;
- la construction de phrases par juxtaposition : les survivantsdéployèrent la panoplie sauvetage ;
- les lieux communs des dépliants touristiques : entre Zéred et Jourdain, terre de contraste ;
- les redondances : la tragédie fatale , Au jour daujourdhui ;
la dramatisation à outrance : ils sont en sécurité, mais pour combien de temps encore
Certains comportements souhaitables sont rarement recommandés dans les codes. Parmi ces lacunes sont à nommer le conservatisme, la pensée unique, la crainte de la nouveauté. Lomission est le pire péché des médias. La cause peut en être la nature du média, ou le manque des ressources, ou le refus des propriétaires de faire la dépense nécessaire. Mais lomission peut avoir dautres causes. Certains sujets sont peu ou mal traités en raison des préjugés anciens et de tabous, ceux des patrons de médias, ou des annonceurs, ou ceux des hommes jeunes et cultivés qui peuplent les salles de rédaction, ou ceux de la couche la plus riche du public ou de la majorité de la population. En France, par exemple, les médias nont pas enquêté sur le financement des campagnes électorales dans les années 60 à 80. Ni sur la corruption ou le dopage dans le sport professionnel. Ni sur les stupéfiantes activités du Crédit lyonnais (y compris plusieurs milliards prêtés à un grand groupe de presse). Les infirmières, les paysans, les enseignants, même les policiers doivent envahir les rues pour quon entende leurs griefs.
En ce qui concerne les pseudo-informations, trop de nouvelles sont fabriquées par ceux qui en profitent : la plupart ont lavantage dêtre préparées bien à lavance et dêtre conditionnées pour usage par les médias. La réclame déguisée en information est facile à repérer dans la presse écrite, et aussi le battage autour de certains livres et spectacles dans les journaux télévises ou les émissions de variétés. Moins visible est le communiqué ou la vidéo fourni par les attachés de presse et publiés sans modification. Sans parler de larticle composé par un journaliste après quon lui a offert une croisière ou quelque autre faveur.
Autre chose le simplisme. La plupart des médias ne prennent pas en compte la complexité du réel. Ils se croient obligés de faire vite et damuser, donc de simplifier. Doù labus de stéréotypes, la division en bons et vilains, la réduction dun discours à une phrase. Les médias présentent le plus souvent une absurde mosaque de petits événements. Ils devraient expliquer [...] les mécanismes du monde moderne et rapporter les événements quotidiens au jeu des forces profondes qui déterminent le destin de la société. [...] déceler les signes avant-coureurs de changements fondamentaux dans tous les domaines .
Lesprit de clocher, une tradition facilement explicable, mais regrettable, consiste, aux quatre coins du globe, à soccuper avant tout de lactualité locale et régionale. Il est déconcertant de voir en France ces quotidiens régionaux réduits à un faisceau de bulletins municipaux avec une page ou deux pour les affaires nationales et internationales. De cela les codes de la presse ne disent rien. Pourtant, le grand public, quil en ait ou non conscience, a besoin dinformations sur létat de la planète entière et sur lévolution qui a mené à cette situation.

Les violations des normes sont dune grande importance, qui reçoivent une forme de scandale dans la vision des médias. Les messages sur les violations normatives sont surtout utiles aux actualités, lorsquon y ajoute des appréciations morales, qui offrent la possibilité dexprimer le respect ou non-respect envers certaines personnes. Les mass médias jouent un rôle principal dans la reproduction du code moral. Cela ne signifie nullement quils sont devenus la plus haute instance morale, mais ils peuvent pourtant nommer publiquement certaines actions comme bonnes ou mauvaises. Cependant tout le complexe des motifs cachés qui stimulent, ou parfois même forcent, une personne à agir justement de telle façon et pas de lautre, reste dissimulé .
En conséquence, on se trouve devant un conflit fondamental entre liberté dentreprise et liberté dexprssion. Le but des médias ne peut être uniquement de gagner de largent. Le but à atteindre, cest davoir des médias qui servent bien tous les citoyens. Partout dans lOccident industrialisé, des médias privés jouissent de la liberté politique depuis très longtemps et bien souvent ils ont fourni des services déplorables. Alors, faut-il mettre tous les médias sous contrôle de lEtat ? A juger par lexpérience du 20e siècle, on craint à juste titre quil se produise une manipulation absolue des informations et du divertissement. Il est donc nécessaire de trouver un moyen complémentaire. Et cet instrument, ce pourrait être la déontologie (en , la science des , une théorie des valeurs ou une branche de la philosophie s'intéressant au domaine des valeurs), en presse : cest un ensemble de principes et de règles, établis par la profession, de préférence en collaboration avec les usagers, afin de mieux répondre aux besoins des divers groupes dans la population. Pour garder leur prestige et indépendance, les médias ont besoin de se pénétrer de leur responsabilité première : bien servir la population. Evidemment, la déontologie ne se pratique quen démocratie. Elle nest envisageable sérieusement que là où existent la liberté dexprssion, une certaine prospérité des médias et des journalistes compétents, fiers dexercer leur profession. Sans prospérité pas de consommateurs, donc pas de publicité, donc des médias pauvres, corrompus ou soutenus par lEtat. Cest dire que dans bien des pays, même officiellement démocratiques, la déontologie na pas grande pertinence.
Pourquoi maintenant ? Si on pose la question à des journalistes européens , leurs réponses varient : un effet des progrès technologiques ; la concentration de la propriété ; la croissante commercialisation des médias ; le mélange dinformation et de publicité ; une aggravation de linexactitude de linformation ; de graves atteintes à la morale professionnelle par certains journalistes (violations de la vie privée, en particulier par la presse populaire) ; une baisse de la crédibilité et du prestige de la profession ; des liens inacceptables entre médias et gouvernement ; la menace de restrictions légales à la liberté de presse.